Quels sont les deux types de design ?

Designer industrielle examinant des prototypes de produits sur un établi en bois dans un atelier créatif, illustrant le design fonctionnel

La question des « deux types de design » revient souvent dans les recherches, et la réponse dépend du critère de découpage retenu. Les écoles et observatoires de métiers structurent aujourd’hui le champ en deux grandes familles : un design ancré dans la matérialité (objets, espaces, supports imprimés) et un design tourné vers les interactions numériques (interfaces, parcours utilisateur, motion). Ce découpage, loin d’être arbitraire, reflète une polarisation réelle des formations, des outils et des débouchés professionnels.

Design d’artefact et design d’expérience : la fracture méconnue

Les concurrents qui listent cinq, huit ou dix « types de design » passent à côté d’une grille de lecture plus structurante. Plusieurs acteurs du design de services et de l’UX décrivent une polarisation du métier entre deux approches fondamentalement différentes.

La première est un design centré sur l’artefact : un objet, un logo, un meuble, un espace. Le designer travaille la forme, le choix des matériaux, les couleurs, la typographie. Le livrable est tangible et fini. Un fauteuil sort de l’atelier, une affiche part à l’impression, un plan d’aménagement intérieur est validé.

La seconde est un design centré sur l’expérience et le système. Le designer ne produit pas un objet isolé mais orchestre un parcours complet, qui peut mêler interfaces numériques, interactions humaines et points de contact physiques. Le livrable n’est jamais figé : il évolue avec les retours terrain et les données d’usage.

Graphiste masculin comparant deux approches de design sur écran dans un studio moderne, représentant le design visuel et fonctionnel

Cette distinction explique pourquoi un designer produit et un UX designer, bien que partageant le mot « designer », utilisent des méthodes, des logiciels et des indicateurs de réussite très différents. Le premier évalue la qualité d’un artefact (ergonomie physique, esthétique, durabilité). Le second mesure la fluidité d’un parcours (taux de complétion, satisfaction perçue, réduction des frictions).

Design classique et design numérique : deux familles de métiers

La plupart des formations en art et design en France organisent leurs cursus autour de cette distinction. D’un côté, les filières dites « classiques » ou « traditionnelles » regroupent le design graphique print, le design d’objet (ou industriel), le design d’espace (architecture intérieure, scénographie), la mode et le textile. De l’autre, les filières numériques couvrent le web design, l’UX/UI, le produit digital, le motion design et le design interactif.

Les outils diffèrent radicalement entre ces deux familles. Un designer d’objet manipule des maquettes, des logiciels de modélisation 3D, parfois des machines de prototypage. Un designer d’interface travaille sur des wireframes, des prototypes cliquables et des tests utilisateurs à distance.

Ce que recouvre le design classique

  • Le design graphique print : identité visuelle, édition, affiche, packaging. Le travail porte sur la composition, les couleurs, la typographie et le choix du support matériel.
  • Le design d’objet et industriel : conception de produits physiques (mobilier, électronique, équipements), où la contrainte de fabrication en série conditionne chaque décision formelle.
  • Le design d’espace : aménagement intérieur, décoration, scénographie. Le designer intervient sur les volumes, la lumière, les matériaux et la circulation dans un lieu.
  • Le design de mode et textile : création de vêtements et d’accessoires, du croquis à la production, avec une attention particulière aux matières et aux techniques de confection.

Ce que recouvre le design numérique

  • L’UX design : recherche utilisateur, architecture de l’information, parcours et flux d’interaction. Le métier repose sur l’empathie avec l’utilisateur et la validation par le test.
  • L’UI design : mise en forme visuelle des interfaces (couleurs, typographie, éléments interactifs), souvent complémentaire de l’UX.
  • Le motion design : animation graphique pour le web, la vidéo ou les applications. Il donne du mouvement aux éléments visuels pour guider l’attention.
  • Le design de produit digital : conception globale d’un service numérique (application, plateforme), à l’intersection de l’UX, de l’UI et de la stratégie produit.

Communication visuelle ou design d’usage : un autre angle de lecture

Une troisième façon de découper le champ en deux repose sur la finalité. D’un côté, un design de communication dont l’objectif premier est de transmettre un message : logo, affiche, campagne publicitaire, identité de marque. Le critère de réussite est la clarté et l’impact du message transmis.

De l’autre, un design d’usage qui vise à résoudre un problème pratique : rendre un outil plus ergonomique, simplifier une démarche administrative en ligne, optimiser la circulation dans un espace commercial. Le critère de réussite est l’efficacité fonctionnelle pour l’utilisateur.

Deux designers collaborant sur une table de réunion avec des maquettes imprimées et des outils de design, illustrant les deux types de design

Dans la pratique, les frontières ne sont pas étanches. Un packaging alimentaire relève à la fois de la communication (il doit attirer l’œil en rayon) et de l’usage (il doit s’ouvrir facilement, conserver le produit). Un site web combine identité visuelle et expérience utilisateur. Les retours terrain divergent sur ce point : certains designers revendiquent une spécialisation stricte, d’autres naviguent entre les deux pôles selon les projets.

Pourquoi cette distinction entre deux types de design compte pour les métiers

Choisir entre ces deux grandes familles conditionne le parcours de formation, les compétences à développer et les secteurs d’emploi accessibles. Un étudiant attiré par le design classique se dirigera vers des écoles d’art, des BTS en design d’espace ou des formations en design produit. Un profil orienté numérique privilégiera des cursus en UX/UI, des bootcamps spécialisés ou des masters en design d’interaction.

Les données disponibles ne permettent pas de conclure qu’un type « domine » l’autre en termes de débouchés. Le marché du design numérique s’est considérablement élargi avec la multiplication des produits digitaux, mais le design d’objet et d’espace reste un secteur actif, porté par les enjeux de décoration, de mobilier et d’aménagement intérieur.

Ce qui change réellement, c’est la porosité croissante entre les deux. Un designer industriel peut être amené à concevoir l’interface tactile intégrée à un produit physique. Un UX designer peut travailler sur un parcours qui inclut des points de contact en magasin. La distinction entre les deux types de design reste structurante pour la formation, mais elle devient plus floue dans la pratique professionnelle.

Plutôt que de chercher une réponse unique à la question « quels sont les deux types de design », il vaut mieux identifier le critère de découpage qui correspond à son propre besoin : matériel contre numérique, artefact contre expérience, communication contre usage. Chaque grille éclaire un aspect différent du métier, et aucune n’annule les autres.